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Article du jour

La formation continue, un incontournable pour le producteur de porc Dennis Aarts

Par Geoff Dale

09 mars 2011

LAKESIDE (Ontario) – Dennis Aarts est copropriétaire d’Aarden Farms Ltd., une exploitation porcine de naissage-finition située dans le comté d’Oxford, en Ontario. L’éleveur de 37 ans a quelques conseils judicieux pour ceux et celles qui envisagent de faire de l’agriculture leur métier.

« Les jeunes qui projettent de s’établir en agriculture doivent d’abord s’interroger sur leurs forces », affirme-t-il. « Ont-ils davantage de traits communs avec le visionnaire capable d’envisager l’entreprise dans sa globalité, avec le gestionnaire qui en tient fermement le gouvernail, ou avec le responsable de production qui centre ses efforts sur la réduction des coûts, l’accroissement des rendements et l’amélioration de la production? »

« Les jeunes qui se reconnaissent plus ou moins dans ces profils auraient sans doute intérêt à s’adjoindre un partenaire qui possède les forces qui leur font défaut. Faire équipe avec la bonne personne comporte plusieurs avantages, surtout lorsqu’on pratique l’agriculture à temps plein. »

Dennis Aarts a grandi sur la ferme de ses parents, qui est devenue Aarden Farms Ltd. en 1997, à la suite de sa constitution en société. Si, dans sa jeunesse, il se passionnait pour le hockey et le baseball, il a néanmoins toujours su qu’il deviendrait agriculteur, car l’agriculture n’a jamais cessé d’exercer sur lui un attrait irrésistible.

En 1992, ses études secondaires terminées, Dennis Aarts a poursuivi sa formation à l’Université de Guelph. Trois ans plus tard, il en est ressorti avec en poche un diplôme associé en agriculture, assorti d’une spécialisation en sciences.

« Mon père était intraitable sur ce point : avant d’intégrer l’entreprise familiale, il me fallait réaliser des études postsecondaires et acquérir une expérience professionnelle », explique-t-il. « Je n’étais pas forcément d’accord à l’époque, mais je sais aujourd’hui que c’était la voie à suivre. »

À sa sortie de l’université, Dennis Aarts a décroché un emploi chez Exeter Produce, dans le comté d’Exeter. Il a passé la première année à jongler avec les chiffres, analysant les coûts de production et cherchant des moyens d’accroître les rendements tout en réduisant les coûts. Fort de cette expérience en gestion des coûts, il a exercé, pendant les sept années qui ont suivi, les fonctions de gestionnaire des opérations sur le terrain.

« En 2001, je suis retourné à la ferme pour prêter main-forte à mes parents (John et Rika) et les seconder dans la production de légumes frais mise sur pied quelques années auparavant », ajoute-t-il.

« Nous avons réglé toutes les questions juridiques qu’impliquait mon intégration dans l’entreprise à titre de partenaire et convenu que j’en deviendrais l’unique propriétaire lorsque mes parents prendraient leur retraite. Mes deux frères n’œuvrent pas dans le domaine agricole. L’un travaille pour une caisse populaire et l’autre est électricien. »

À l’heure actuelle, Aarden Farms Ltd. comprend une exploitation porcine de naissage-finition de 150 acres, des cultures de céréales et d’oléagineux s’étendant sur plus de 400 acres et une superficie de 40 à 50 acres consacrée à la production de légumes frais.

Du côté des cultures commerciales, les Aarts produisent en rotation du maïs, du soya, des haricots secs comestibles et du blé. Le maïs sucré occupe une bonne part de la superficie qu’ils consacrent à la production légumière. Viennent ensuite les tomates, les poivrons, les melons, les concombres, les courges, les pois mange-tout, les pommes de terre, les citrouilles et quelques autres variétés. Les Aarts entendent continuer de diversifier leur entreprise; ils planchent actuellement sur un projet de production d’énergie solaire en lien avec la Loi sur l’énergie verte.

« Ces quatre dernières années, nous avons essuyé des pertes de revenus en raison de l’instabilité de l’industrie porcine et avons été contraints de réduire le nombre de porcs de 250 à 150 », explique Dennis Aarts, dont l’objectif pour les trois à cinq prochaines années consiste à gérer l’entreprise dans la manière la plus efficace et la plus rentable possible, quitte à en réduire la taille et à réorienter l’entreprise par la suite.

« L’agriculture est encore un métier viable pour les jeunes », estime-t-il. « Mais, on ne peut pas nier qu’une transformation s’est opérée au sein de l’industrie. Dans les années 1960, les exploitations de taille moyenne comme la nôtre étaient la norme. Aujourd’hui, les agriculteurs à temps partiel qui occupent un emploi à l’extérieur sont nombreux – et peut-être est-ce pour les jeunes la meilleure façon de démarrer en agriculture.

« Aux États-Unis, la tendance est aux très grandes fermes et il semblerait que le Canada n’y échappe pas non plus. Les agriculteurs d’aujourd’hui doivent maîtriser tous les aspects de l’entreprise et, à cet égard, la formation est essentielle, aussi bien avant que pendant la vie active. En ce qui me concerne, je suis un ou deux cours chaque année. J’ai participé au congrès sur le porc qui s’est tenu à London et suivi deux cours sur la gestion des risques, ainsi qu’une formation en comptabilité de gestion. »

Alors, quels conseils Dennis Aarts donne-t-il aux aspirants agriculteurs?
•    Le soutien de la famille est essentiel; les personnes qui vous appuient doivent comprendre le but de vos démarches et être conscientes que tout ne sera pas toujours rose, qu’il y aura des périodes plus difficiles que d’autres.
•    Disposer d’un soutien financier ou avoir la possibilité de prendre la relève d’une entreprise établie facilite les choses.
•    Réaliser des études avant de s’établir en agriculture et tout au long de sa vie professionnelle par la suite.
•    Envisager de travailler en partenariat avec quelqu’un qui maîtrise les aspects de l’entreprise que vous connaissez moins bien ou qui vous intéressent moins.
•    Se doter d’un plan d’affaires détaillé. Différents programmes gouvernementaux sont offerts pour aider les agriculteurs à évaluer leur exploitation et à concevoir un plan cohérent et ciblé.
•    Revoir périodiquement ce plan et faire les ajustements qui s’imposent, au besoin.
•    Élaborer un plan de relève agricole.

Dennis Aarts et son épouse Kerry sont les parents d’une fillette de six ans et d’un garçon de trois ans. Tous deux insistent sur le fait que l’agriculture est bien plus qu’un simple emploi.

« C’est un mode vie très enrichissant sur le plan personnel », précise-t-il. « Mais avant de faire le saut en agriculture, les aspirants agriculteurs doivent peser soigneusement leur décision. Les temps sont parfois durs et il peut être passablement difficile pour ceux et celles qui n’ont pas la possibilité de prendre la relève d’une entreprise existante de s’établir en agriculture. »

« La pratique de l’agriculture peut se révéler un véritable défi, mais au bout du compte nos efforts sont récompensés, car il s’agit d’un métier très gratifiant à bien des égards. »
 

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