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Article du jour

Une étude révèle que la qualité des sols s’est amél

Des « progrès substantiels » ont été réalisés ces 20 dernières années en ce qui concerne la durabilité des pratiques agricoles au Canada, si l’on en juge par la qualité des sols des terres cultivées comparativement à leur productivité. C’est du moins ce qui ressort d’un rapport publié récemment par un groupe de réflexion sur le sujet.

Le Frontier Centre for Public Policy, un centre d’études de Winnipeg, a publié mercredi les résultats d’une étude intitulée « The Environmental State of Canada: 30 Years of Environmental Progress » (L’état de l’environnement au Canada : 30 ans de progrès sur le plan environnemental). Selon les auteurs de cette étude, Kenneth Green et Ben Eisen, le Canada « est en passe d’atteindre la durabilité sur le plan écologique [traduction] ».

« Ces 30 dernières années, la qualité de l’air et de l’eau au Canada s’est grandement améliorée, de nombreux écosystèmes et terrains forestiers ont été préservés et les sols qui servent à alimenter les Canadiens et bien d’autres populations dans le monde ont été protégés», affirment les auteurs dans un communiqué de presse. 

Concédant qu’il serait possible d’en faire davantage, les auteurs insistent cependant sur le fait que les indicateurs auxquels ils ont eu recourt pour mesurer le progrès se sont améliorés pendant une période où la population et l’économie canadiennes connaissaient une croissance considérable.

Pour ce qui est de la qualité des sols, les auteurs précisent que la variation des quantités de carbone organique dans le sol est un excellent indicateur de la santé des terres.

« D’après cet indicateur, la qualité des sols canadiens s’est améliorée de manière spectaculaire au cours des dernières années », soutiennent les auteurs. « Au début des années 1980, la quantité de carbone organique dans les sols canadiens diminuait sans cesse d’une année à l’autre, puis au début des années 2000, cette tendance s’est inversée. »

Le rapport traite également de la mesure dans laquelle le gouvernement fédéral estime que les terres agricoles canadiennes sont exposées à un risque d’érosion du sol, d’érosion par le vent et d’érosion par le travail du sol. Au vu de l’état actuel de ces trois indicateurs, les auteurs ont conclu que le Canada s’était nettement amélioré.

La proportion de terres cultivables désignées comme présentant un « très faible risque » d’érosion par le vent – le niveau de risque le moins élevé – atteignait 86 p. 100 en 2001, comparativement à 72 p 100 en 1981.

« De la même manière, le pourcentage de terres cultivables considérées comme présentant un très faible risque d’érosion attribuable au travail du sol a augmenté de plus de 30 p. 100 au cours de la même période. »

« Assurer la durabilité »
Kenneth Green et Ben Eisen affirment par ailleurs que l’accroissement, au cours des dernières décennies, de la productivité agricole, de la qualité et de la diversité des cultures et du revenu total généré par l’agriculture et les exportations agricoles est en partie attribuable à l’amélioration de la qualité des sols.

Dans ce contexte, une telle croissance sur le plan de la productivité serait le signe, selon les auteurs, que les pratiques agricoles canadiennes ont gagné énormément en productivité et en durabilité au cours des 20 dernières années.

Les auteurs estiment que bien que le Canada soit un pays fortement urbanisé, l’agriculture demeure une composante importante de son économie et qu’en conséquence, il importe que la politique environnementale canadienne soit conçue de manière à un assurer la durabilité.

Kenneth Green et Ben Eisen se sont également intéressés à la conservation des écosystèmes. À cet égard, ils font remarquer que le pourcentage des terres canadiennes protégées par la loi est passé de 3 p. 100 en 1989 à 8,4 p. 100 en 2003.

Afin d’accroître la superficie de leurs aires protégées, certaines provinces ont usé de mesures énergiques. C’est le cas, notamment, du Manitoba, de la Colombie-Britannique et de la Nouvelle-Écosse où, depuis la fin des années 1980, les superficies de terrain protégé se sont considérablement agrandies.

Dans cette étude, le Frontier Centre for Public Policy, qui concentre ses activités sur la recherche à l’appui de la croissance économique, se penche également sur la question litigieuse de l’exportation d’eau en vrac vers les États-Unis et le Mexique.

« Un prélèvement relativement modeste des ressources en eau douce du Grand Nord canadien pourrait générer un revenu net équivalent à 20 p. 100 du budget provincial du Manitoba », affirment Kenneth Green et Ben Eisen.

Les auteurs, qui se disent favorables à la surveillance et la réglementation gouvernementales comme moyen de limiter les exportations excessives, sont d’avis qu’il serait très malavisé d’exploiter les ressources en eau douce du Canada sans égard aux besoins des générations futures, mais que s’opposer catégoriquement à toute exportation d’eau douce en grands volumes vers les États-Unis et le Mexique le serait tout autant.

Ben Eisen exerce des fonctions d’analyste des politiques au Frontier Centre et tient des chroniques politiques dans plusieurs journaux canadiens. Kenneth Green, est membre du comité consultatif du Frontier Centre et chercheur-résident à l’American Enterprise Institute, qui compte aussi parmi ses membres et chercheurs le politicien américain Newt Gingrich, l’ancien président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, l’historienne Lynne Cheney et l’auteur David Frum.