Le côté dispendieux de la frontière
Par Paul Beingessner
30 juin 2008
Q’est-ce qui fait que les choses semblent toujours plus dispendieuses du côté nord de la frontière canado-américaine?
L’automne dernier, les producteurs agricoles du groupe Keystone du Manitoba ont soulevé la controverse lorsqu’ils se sont plaints que les agriculteurs manitobains déboursaient 33% de plus que leurs collègues américains du Dakota du Nord, pour leurs engrais.
Plus récemment, ma propre recherche m’a permis de constater que la même situation s’applique à l’achat de machinerie agricole.
Une étude des prix en Saskatchewan et à Minot au Dakota du Nord, une petite communauté agricole à environ 240 milles au sud-ouest de ma ferme, a révélé que les prix étaient plus bas de l’ordre de 24% à Minot. Et la même différence de prix se retrouve parmi tous les principaux manufacturiers de machinerie agricole, John Deere, New Holland, Case IH et Versatile, que ce soit pour les tracteurs, les moissonneuses-batteuses, de la plus petite à la plus grosse pièce d’équipement.
Exemples à l’appui
Un tachymètre pour un vieux modèle de tracteur John Deere 3020 coûte 283$ en Saskatchewan, mais seulement 230$ à Minot. Une pompe hydraulique pour un modèle plus récent , le 4430 de John Deere, se vend pour 2,171$ à Regina, comparativement à 1,750$ au Dakota du Nord. Un moteur reconstruit pour un tracteur John Deere 8460 coûte 12,900$ à Minot tandis que vous payerez 16,000$ en sol canadien.
Les temps du dollar canadien à 70 cents sont révolus et en raison de la parité du huard avec le dollar américain, le prix de l’équipement agricole devrait être le même des deux côtés de la frontière. Les producteurs canadiens se font avoir.
Et nous ne devrions certainement pas accepter une telle situation.
Même si votre ferme est située à quelque distance d’un centre urbain américain et malgré le coût élevé de l’essence, c’est peut-être à votre avantage d’aller magasiner aux États-Unis, surtout si vous êtes en quête d’une grosse pièce d’équipement. Ou si vous vous réunissez avec un ou plusieurs de vos voisins agriculteurs pour acheter plusieurs petites pièces.
C’est peut-être la seule façon de convaincre les détaillants canadiens de machinerie agricole de réduire leurs prix et de cesser de prendre les agriculteurs canadiens pour une source intarissable de revenus.
Pour le commentaire de Radio-Canada, Paul Beingessner, agriculteur et écrivain à Truax, Saskatchewan.