Un excès de bonnes choses
Par Dan Woolley
08 mars 2010
Quel producteur ne voudrait pas toujours obtenir les prix les plus élevés pour ses produits? Cependant, l’état actuel de l’industrie du bleuet démontre que parfois les prix sont beaucoup trop bons.
Les producteurs de bleuets ont profité d’excellents prix au cours des dernières années mais cette situation a conduit à une expansion massive de la production qui pourrait maintenir l’industrie dans un marasme économique prolongé.
Ici en Nouvelle-Écosse, nous avons connu une expansion majeure de la production du bluet nain tandis qu’ailleurs en Amérique du Nord et en Europe, c’est la production du bleuet en corymbes ou le bleuet traditionnel qui a connu la plus grande croissance de production.
De plus, on dénote maintenant une production de bleuets dans des endroits qui n’avaient jamais vu de bleuets auparavant comme la Californie, l’Argentine, le Chili et la Chine. Le Chili exporte maintenant 87 millions de livres de bleuets par année. L’Argentine a des exportations de 25 millions de livres vers les marchés mondiaux et la Chine, avec sa main d’œuvre à bon marché, s’est lancée à pleine vapeur dans la production du bleuet.
Effondrement des prix
La production du bleuet sauvage et du bleuet cultivé a presque doublé au cours des 15 dernières années. Les prix élevés, qui ont atteint un sommet de $1.05 la livre pour le bleuet sauvage en 2007, ont également eu un effet négatif sur la consommation. Les transformateurs ont commencé à se tourner vers d’autres alternatives moins dispendieuses comme la pomme, la cerise sure, la fraise et la canneberge. De 2005 à 2007, les exportations de bleuets sauvages vers le Japon, le meilleur marché du bleuet, ont chuté de 33%
Le bleuet sauvage se vend toujours à un prix plus élevé que le bleuet cultivé mais à $0.35 la livre, les producteurs réussissent à peine à récupérer la moitié de leurs coûts de production.
C’est l’histoire familière de la période de prospérité suivie de l’effondrement. La production du bleuet continue de croître mais à un rythme beaucoup plus lent.
Les producteurs de bleuets attendent toujours le retour du bon temps dans l’industrie. Mais ils savent aussi que ce bon temps ne peut pas durer indéfiniment.
Pour le commentaire de Radio-Canada, Dan Wooley, journaliste agricole indépendant, Truro, Nouvelle-Écosse.