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Commentaires de Radio-Canada

Les producteurs laitiers européens à la recherche de nouvelles alternatives

Par Norman Dunn

31 mai 2010

C’est un signe des temps dans l’industrie de la production laitière en Europe. On ne voit plus que très rarement  l’établissement d’une nouvelle ferme laitière ou l’expansion d’une entreprise existante, sans la mise sur pied d’un plan élaboré de mise en marché du produit fini.

Il est évident qu’une telle stratégie est remplie de bon sens. Pourtant, pendant bien des années,  les agriculteurs semblaient prêts à investir dans une nouvelle entreprise dans l’espoir que les prix augmentent ou qu’une expansion de leur entreprise de production laitière la rendrait plus profitable. Ce n’est plus le cas. La plupart des usines de transformation paient environ l’équivalent de $0.40 canadiens pour un litre de lait tandis que les producteurs affirment avoir besoin de $0.55 le litre pour atteindre le seuil de rentabilité.

Pourtant certaines fermes laitières continuent de prendre de l’ampleur. Ceci est particulièrement évident en Grande-Bretagne et en Allemagne où les prix sont particulièrement bas. Il ne se passe guère une semaine sans que l’on n’assiste à la naissance d’une nouvelle entreprise de crème glacée  directement sur une ferme ou qu’une famille agricole ne se lance dans une affaire de bar laitier le long de la route, ou que l’on voit l’établissement d’un partenariat de mise en marché entre des producteurs laitiers et une grande chaîne d’alimentation.

L’établissement de nouvelles marques

Un bon exemple à cet effet est  celui de Manfred Kneipp,  de Hesse en  Allemagne.  Il vend le lait de ses 320 vaches Freisian-Holstein dans la région sous l’étiquette Lait de Hesse . Une laiterie pasteurise et emballe le lait pour une grande chaîne d’alimentation. A peine un mois après le lancement de son entreprise,  le Lait de Hesse est en vente dans 70 magasins.

Ce genre de commercialisation de marque peut engendrer une croissance extraordinaire.  A Aberdeenshire, en Écosse, Maitland Mackie n’arrivait pas à tirer des profits suffisants de son troupeau de 180 vaches laitières.  En 1986, il s’est lancé dans la fabrication de crème glacée. Non seulement son troupeau compte maintenant  plus de 500 vaches, mais la crème glacée de luxe Mackies of Scotland  est maintenant vendue sur tout le territoire écossais et obtient un succès fulgurant sur le marché d’exportation.

La plupart des producteurs agricoles n’ont pas des objectifs si élevés. Ils veulent tout simplement obtenir quelques cents le litre de plus pour leurs produits en vendant directement aux chaînes d’alimentation et négocier leurs propres contrats d’approvisionnement. Et les chaînes d’alimentation semblent intéressées.  Je connais un autre producteur laitier écossais qui a réussit à négocier un contrat alléchant de vente de lait avant même de construire une nouvelle étable de traite automatisée pour 350 vaches.

Les temps sont difficiles pour les producteurs laitiers européens. Mais certains d’entre eux trouvent quand même le moyen  de faire grandir leurs entreprises et d’accroître leurs revenus.

Pour le commentaire de Radio-Canada, Norman Dunn, journaliste agricole à Ludwigshafen, Allemagne.


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