Une bonne nouvelle qui passe sous silence
Par Paul Schoppmann
06 avril 2009
La plupart des canadiens s’y connaissent très peu en agriculture mais cela ne les empêche pas d’avoir une opinion quant à la gestion de l’industrie agricole.
Ils écoutent les défenseurs des droits des animaux réclamer le bannissement des batteries de cages et des enclos de gestion et ils pensent que c’est une bonne idée. Ils se disent également d’accord avec toutes les réglementations environnementales imposées par les gouvernements.
Mais lorsque vous discutez d’agriculture avec les gens, ils parviennent à voir les choses différemment. Ils sont surpris et heureux de voir comment je prends soin de mes animaux. Ils sont aussi heureux d’apprendre que je prends très au sérieux mon rôle de gardien du territoire agricole et des eaux.
Pour moi, il n’y a aucun doute que le message agricole est très fort. Le problème, c’est que nous n’avons pas fait de bon travail pour transmettre ce message.
Et je suis aussi coupable que n’importe qui d’autre ce chapitre. Je n’ai jamais le temps. Je travaille à temps plein à la mine Vale Inco de Sudbury, à une heure de route de ma ferme. Il y a toujours du travail qui m’attend quand je reviens à la maison et j’ai une famille à élever.
Et puis je dois me taper 4 heures de route, aller-retour pour aller à Toronto ou à Guelph, là où ont lieu la plupart des conférences agricoles en Ontario.
Faire la différence
Alors que je me prépare à laisser ma ferme à mon fils, je me demande si je n’aurais pas pu faire davantage.
Une personne seule ne peut pas changer l’image que se fait le public de l’agriculture et même nos organismes agricoles les plus importants ont de la difficulté à se faire entendre.
Par contre, si les agriculteurs participaient en plus grand nombre à des événements publics pour parler de ce que nous faisons sur la ferme et pour combattre les perceptions erronées au sujet de l’agriculture, cela pourrait faire une grosse différence.
Il faut que nous soyons présents lorsque les activistes de la défense des animaux font la promotion de leur idéologie aux conférences et rencontres agricoles. Il faut parler de notre travail dans le domaine de l’aménagement du territoire agricole lors des conférences sur l’environnement. Nous devons parler aux Canadiens des bénéfices d’un secteur agricole solide.
Il y a beaucoup de bonnes nouvelles au sujet de l’agriculture. Il faut que beaucoup plus de gens entendent ces nouvelles.
Pour le commentaire de Radio-Canada, Paul Schoppmann, producteur de bœuf et de fourrage à St-Charles, Ontario.