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Conférence nationale sur le transfert de la ferme familiale

Les agriculteurs disent que les experts-conseils doivent en faire plus, et ces derniers sont d'accord!

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À la conférence sur le transfert de ferme, plusieurs agriculteurs s'affairant au transfert de leur propre ferme ont exprimé leur point de vue, et ils s'entendaient tous pour dire que les experts-conseils, comme les comptables, les notaires, les avocats et les bailleurs de fonds doivent changer leur manière de faire des affaires afin de mieux répondre aux besoins des producteurs.

Certains des meilleurs experts-conseils n'ont pas tardé à se montrer d'accord et ont présenté des idées pour qu'ils puissent être d'une plus grande aide.

Les deux côtés s'entendaient pour dire que le recours à des experts-conseils s'avère essentiel à un plan de transfert de ferme réussi.

Ne poussez pas trop!

Serge Desbiens, producteur agricole québécois à la retraite, a géré sa ferme pendant 27 ans. Il a dit aux experts-conseils que s'ils poussent trop et ne tentent que de vendre un produit ou service, sans porter attention aux désirs de la famille agricole, ils sont voués à l'échec.

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M. Desbiens, dont le plan de transfert de ferme est maintenant terminé, a déclaré ce qui suit : « Plus ces gens mettaient de la pression sur nous, moins nous étions à l'aise et plus nous reculions devant eux. Â»

Son conseil : respectez le rythme du producteur et faites en sorte que l'information soit claire et compréhensible. Présentez une gamme de solutions et d'options, de même que les conséquences de chacune, puis respectez les choix que font les clients.

Henry Hays, agriculteur de l'Alberta, a un partenariat avec son fils et sa belle-fille. Il trouve que les experts-conseils doivent faire preuve de patience. Il a aussi ajouté que les « familles ne peuvent pas s'en sortir seules Â» et qu'elles ont besoin de conseillers qui sont prêts à les écouter.

Pour sa part, Chris Buchner, agriculteur de l'Ontario, s'affaire toujours à l'élaboration de son plan de transfert de ferme et selon lui, les experts-conseils devraient mettre des listes de contrôle à la disposition des producteurs afin de les aider à organiser les étapes nécessaires.

D'autres agriculteurs affirment que c'est une question de confiance, et certains n'ont pas du tout confiance aux experts-conseils. « Même si les services sont gratuits, ils n'y ont pas recours Â» et « Il ne faut pas s'attendre à ce que les agriculteurs s'assoient avec des professionnels qui leur diront comment mener leur vie Â». Voilà deux des commentaires qui ont été formulés dans le cadre de la conférence.

Des suggestions ont alors été faites afin de gagner la confiance.

Expliquer les rôles et communiquer



Carole Spooner, directrice des services de transfert de ferme de Meyers Norris Penny, une des grandes entreprises spécialisées en comptabilité agricole dans l'Ouest canadien, a déclaré que les familles ne comprennent pas toujours bien les rôles des experts-conseils. « Nous devons leur expliquer nos rôles afin qu'ils sachent dans quelles circonstances appeler un notaire ou un avocat, un comptable ou un bailleur de fonds. Â»

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Mme Spooner estime que les experts-conseils ont omis, au fil des ans, de bien expliquer exactement en quoi les conseillers peuvent aider les agriculteurs en transition.

Toutefois, il n'y a pas qu'un manque de communication entre les professionnels et leurs clients. Elle a déclaré que les professionnels doivent se consulter davantage entre eux. « En tant qu'experts-conseils, nous devons mieux travailler ensemble. De toute évidence, les professionnels n'aiment pas échanger des renseignements à propos de leurs clients mutuels. Je monte toujours un dossier sur le plan de transfert de ferme, et ensuite, je le mets à la disposition des autres experts-conseils auxquels la famille a recours. Â»

Toujours selon Mme Spooner, il manque aussi « une touche humaine Â». Les professionnels sont formés de manière à mettre à profit leurs compétences techniques et analytiques, ce qui peut se traduire par une démarche plutôt « stérile Â». « Nous devons porter davantage attention aux questions personnelles. Â» Après tout, a-t-elle fait remarquer, le transfert est une source de stress (selon un récent sondage, 22 pour cent des répondants ont qualifié le transfert de ferme d'enjeu présentant une très grande source de stress).

Elle a demandé à ses homologues, avec insistance, d'être honnêtes envers leurs clients. « Bien des clients disent qu'ils veulent que le transfert de leur ferme soit simple, ne coûte pas cher et traite tous les enfants de manière égale.  Mais nous devons tous dire la vérité. Â» Le transfert de ferme n'est pas une affaire simple. Normalement, la planification et la mise en ouvre du transfert coûtent cher, sans compter qu'il est à peu près impossible que toutes les personnes en cause soient traitées de manière égale du point de vue monétaire. Â»

Au bout du compte, elle a insisté pour dire que si les experts-conseils sont attentifs aux enjeux de la famille, il pourra en résulter une expérience valorisante et positive.

Les autres professionnels qui ont participé à cette discussion de groupe ont affirmé que des changements s'imposent. Ils ont également admis que parfois, les experts-conseils empirent la situation en donnant trop d'information aux gens, ce qui les dépasse.

Pourquoi les agriculteurs sont réticents

À la conférence, bien des raisons ont été formulées à savoir pourquoi les familles agricoles ne prennent pas les mesures nécessaires pour se doter d'un plan de transfert de ferme. La procrastination, c'est-à-dire le fait de toujours remettre à plus tard, figurait en tête de liste.

M. Hays avait fait son plan de transfert de ferme à moitié lorsqu'il s'est ramassé à l'hôpital, fixant le prêtre, et a déclaré : « J'imagine qu'il faudrait bien aller de l'avant avec le transfert de la ferme Â». Maintenant qu'il va mieux, il affirme en riant que la dernière phase de son plan entrera en vigueur à son décès.

Le refus d'admettre la mort, voilà l'une des principales raisons pour lesquelles bien des agriculteurs retardent la planification du transfert de ferme. Cependant, il n'y a pas que cela.

Bien des agriculteurs s'identifient à leur ferme de manière si étroite que la seule mention de la laisser tomber les met en colère. M. Desbiens admet avoir un regret : « Je n'ai pas gardé quelques petits terrains boisés à mon nom juste pour maintenir un lien avec le monde agricole et adoucir ma perte d'identité. Â»

Dans le cas de Chris Buchner, les signes qu'il était temps d'entreprendre le processus du transfert de ferme se sont présentés lentement et naturellement. « Un jour, ma fille de 13 ans m'a dit que si jamais nous déménagions de la ferme, elle aimerait garder la maison. Plus tard, en m'achetant des souliers, je me suis rendu compte que je préférais ceux qui étaient plus souples. Puis, j'ai subi un examen de la vue et j'ai appris que j'avais besoin de lunettes. C'est graduellement que je suis arrivé à l'évidence que j'avais besoin d'un plan de transfert de ferme. Â»

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Il existe des raisons convaincantes motivant la préparation d'un plan de transfert de ferme. « Dites à n'importe quel agriculteur que ses biens se ramasseront entre les mains du gouvernement s'il ne fait pas quelque chose pour empêcher ça Â», voilà une des suggestions qui a été faite à la conférence.

D'autres encore ont laissé entendre que la planification du transfert de ferme est l'une des choses les plus attentionnées que vous pouvez faire pour vos êtres chers, car l'absence de plan en cas de mort subite peut engendrer la confusion et détruire les familles.