Conférence nationale sur le transfert de la ferme familiale
Les fermes québécoises
sont en bonne position pour faire face au
processus successoral
Par : Diane Parent et Elizabeth Ouellet
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Alors qu'à travers
le monde nombre d'agriculteurs plus âgés
n'ont personne à qui transférer
leur ferme, les données de recensement
montrent que les fermes du Québec
sont bien préparées à
la succession.
L'analyse des données de recensement
de 1996 indique que le taux de remplacement
(ou le pourcentage de fermes comptant des
employés de moins de 34 ans et en
mesure de reprendre la ferme) était
de 89,6 %. Au Canada, ce taux s'établit
à 49,1 %, alors qu'il est de 42,1
% aux États-Unis et de seulement
14,1 % en Europe.
Élizabeth Ouellet, de l'Université
Laval, à Québec, est membre
du groupe universitaire Agri-gestion, qui
vise l'amélioration de la gestion
agricole. Elle explique que 850 fermes sont
vendues chaque année au Québec
et que la succession ne pose pas de problèmes
importants.
Elle précise que la succession demeure
« fragile » au Québec
en raison des dettes croissantes, notamment
dans les secteurs de la production laitière
et de l'élevage du porc. Toutefois,
de plus en plus de jeunes québécois
projettent de reprendre la ferme familiale,
grâce à des programmes et à
des ressources uniques au Québec.
Par exemple, les taux d'imposition sont
moins élevés pour les jeunes
producteur agricoles (comme c'est le cas au Danemark
et en Grèce) et des subventions gouvernementales
pouvant atteindre 30 000 $ payables sur
4 ans sont disponibles pour l'achat de bâtiments
et d'autres biens.
Des services de counseling et de formation
sont également offerts par le Centre
de ressources pour l'établissement
en agriculture, un organisme subventionné
par l'État, ainsi que dans 30 centres
de gestion agricole où les producteur agricoles
peuvent échanger avec leurs pairs.
De récentes
études montrent que les successeurs
sont prêts
Une récente étude menée
au Québec, auprès de 114 équipes
agricoles (regroupant un successeur et un
propriétaire), montre que 75 % des
successeurs semblent être bien ou
très bien préparés
à reprendre la ferme.
Selon Diane Parent, professeure à l'Université
Laval, cela s'explique par le fait que les
deux parties sont plus souvent qu'autrement
d'accord au sujet de l'exploitation de la
ferme. En fait, 56 % des participants ont
donné les mêmes réponses
à une série de questions se
rapportant aux responsabilités de gestion,
comme le recrutement et la sélection
d'employés occasionnels et la négociation
de crédit et de financement.
Bien que cette étude soit restreinte
et ne reflète pas nécessairement
la situation de toutes les équipes
agricoles, Mme Parent ajoute qu'elle démontre
bien l'importance de la communication pour
assurer une transition facile.
Diane Parent,
Université de Laval