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Conférence nationale sur le transfert de la ferme familiale

La dernière responsabilité déléguée est souvent celle du contrôle du chéquier
Par: Andrew Errington, professeur à l'université de Plymouth

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Dans le cadre d'une étude multinationale, menée entre 1993 et 2000, en Ontario, au Québec, en Iowa, en Angleterre et en France, les résultats obtenus étaient similaires : la dernière responsabilité déléguée au propriétaire successeur de la ferme est le contrôle du chéquier.

Professeur de développement rural à l'université de Plymouth, en Angleterre, Andrew Errington a expliqué aux délégués que le contrôle des comptes à payer est considéré comme l'activité la plus importante de l'entreprise; elle est donc la dernière à être déléguée par les propriétaires qui prennent leur retraite.

Cette situation est cependant source de problèmes pour les nouveaux agriculteurs qui ont peu d'expérience en matière de prise de décisions financières et ont, par conséquent, grand besoin de formation à ce niveau. Comme l'explique M. Errington, « les décisions financières sont déléguées en dernier lieu et il est fréquent de voir de nouveaux producteur agricoles, pour la plupart âgés de 30 ou de 35 ans, qui requièrent une formation en gestion financière. »

D'autres rôles financiers sont également délégués à contrecoeur, y compris la négociation des ventes, le choix du moment de la vente des récoltes et du bétail, l'achat de l'équipement et la planification de dépenses en capital de toutes sortes.

Selon M. Errington, les décisions plus susceptibles d'être partagées avec les nouveaux propriétaires sont de nature « stratégique » ou « tactique », comme les plans de travail quotidiens et le choix de la méthode de travail et du type d'équipement utilisés.

L'étude multinationale comportait l'évaluation de données tirées de divers sondages menés dans chacune des zones géographiques.

M. Errington a expliqué qu'en Angleterre, seulement 25 % des producteur agricoles discutent de la succession avec la génération montante. « Ils se confient davantage à leurs comptables qu'aux membres de leur famille. » Par conséquent, de nombreux Britanniques ne sont pas bien préparés à reprendre la ferme familiale. M. Errington les appelle « les garçons de producteur agricoles », c'est-à-dire des victimes de propriétaires agricoles qui retiennent leurs enfants comme ouvriers, sans partager avec eux les responsabilités de gestion. On observe cette situation dans toutes les régions étudiées. Pire encore, « les jeunes ne sont pas rémunérés adéquatement car on estime qu'ils seront récompensés quand la ferme leur sera transférée. »

Il a suggéré aux conseillers de réunir plus d'une famille agricole à la fois afin que les familles puissent partager leur expérience et briser leur isolement. Il est préférable de sélectionner des familles qui ne se connaissent pas, mais qui ont atteint la même étape du processus de succession.

M. Errington a également souligné qu'il est tout indiqué, en Angleterre et ailleurs, de mettre sur pied une petite entreprise agricole distincte sur la ferme, afin de donner à la génération montante l'occasion d'en apprendre le fonctionnement. Lorsque le moment est venu, les jeunes peuvent reprendre l'entreprise familiale, alors que l'agriculteur qui prend sa retraite a le choix de diriger la plus petite entreprise.